Mara’CAN 2019 : enfin, la Guinée organise sa compétition

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Image @ao_sowGn

Guinee vs France , #MaraCAN2019 ; @ao_sowGn

Le 2 octobre prochain, la Guinée célébrera le 61e anniversaire de son indépendance. Aucun tournoi majeur de football n’a encore été organisé dans la République fondée par Sékou Touré, ce « grand panafricaniste » qui, à l’époque, avait dit « NON » au général Charles de Gaulle, le 28 septembre 1958. La première grande compétition que la Guinée devrait accueillir est prévue dans un peu plus de cinq ans : la première Coupe d’Afrique des Nations, initialement prévue en 2023, sera finalement organisée en 2025 (si tout se passe bien).

En attendant, une autre discipline relève le défi de l’organisation d’une compétition continentale dans notre pays. En effet, la Guinée accueille actuellement la 8e édition de la Mara’CAN. Le Maracana, « petit frère du football », est une discipline sportive qui est toutefois différente du « sport roi ». Ce jeu est déjà inclus dans le quotidien de certains jeunes guinéens qui le pratiquent à divers coins de rues de la capitale et dans certains endroits à l’intérieur du pays.
Mais le football dit « maracana » qui est pratiqué par les amateurs dans notre pays ne se soumet pas toujours aux règles du maracana professionnel pratiqué dans ce tournoi international. Né en Côte d’Ivoire, ce jeu, que j’avais découvert dans ma petite enfance, n’a toujours pas su imposer ses principes sur les terrains amateurs. D’ailleurs, à l’époque, je me souviens que nous suivions les matchs pendant les vacances dans la ville de Danané (ouest de la Côte d’Ivoire), et je me rappelle encore qu’on l’appelait « Maracana brésilien ». Oui, parce que nous étions éblouis par les gestes techniques et les placements tactiques… digne d’une équipe brésilienne. Le redécouvrir aujourd’hui dans mon pays est une immense joie pour moi ! Je renoue avec mes amours d’enfance. Le spectacle me fait oublier pour quelques instants le stressant débat sur la Constitution.
Pour moi, la soirée d’hier a été moins stressante. Je me suis senti bien, j’ai replongé un moment dans mon enfance. Les images me revenaient souvent au fur et à mesure que les matchs se succédaient. Je prenais du plaisir. Il faut tout de même dire que l’engouement général est bien morose. On comprend que la tenue de ce tournoi n’a pas fait suffisamment la Une des médias dans notre pays. Aujourd’hui, la plupart des débats tournent autour de la question relative à la modification constitutionnelle. Les organisateurs n’ont peut-être pas eu la meilleure stratégie pour attirer plus d’attention sur cette compétition en Guinée. Même moi, je trouve mon salut dans un mail de Mondoblog qui m’annonçait la venue d’une de ses équipes à Conakry dans le cadre du Mara’CAN2019. J’ai essayé de joindre quelques journalistes sportifs pour comprendre davantage. Mais à mon grand étonnement, la plupart n’était pas informés de l’organisation de cette compétition en Guinée…
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Capitaine de l’équipe maraca-nier du Burkina;

En revanche, ce qu’il faut saluer, c’est la présence massive des autorités. Longtemps accusé d’être le ministre du football, le ministre des Sports et du Patrimoine historique, Sanoussy Bantama Sow, était présent, accompagné par le ministre d’Etat au Transport Aboubacar Sylla et la ministre de la Coopération et de l’Intégration africaine, Diènè Keita, à la cérémonie décalée d’ouverture de cette compétition.

Si vous êtes à Conakry, la Mara’CAN2019 se joue au vieux Stade du 28 Septembre jusqu’au 30 septembre. Comme sa devise, « Convivialité, Fraternité et Amitié (CFA) », j’ai fait un tour et je vous informe que toute l’Afrique de l’ouest francophone est représentée, il y a aussi quelques pays hors continent tels la France, les Etats Unis et le Canada. Cette coupe est un véritable moyen d’intégration, au-delà du continent africain.
Rappelons que la Guinée est le septième pays à accueillir cette compétition après la Côte d’ivoire en 2018, le Burkina Faso en 2017, le Mali en 2016, le Togo en 2015, le Niger en 2014, le Bénin en 2013. La Côte d’ivoire, pays où est né ce sport dans les années 70, dans le milieu estudiantin, avait eu le privilège d’organiser la première édition en 2012. Pour la prochaine édition, les « maracaniers » se donnent rendez-vous au Canada en 2020.

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